• Lisa Rey

Médecins et experts demandent le port du masque obligatoire au Québec

Un groupe d’une trentaine de professionnels de la santé demande au Gouvernement du Québec de rendre le port du masque obligatoire pour toute personne âgée de plus de 12 ans. Les médecins et experts implorent le port généralisé du masque dans les lieux publics fermés, de même que dans les espaces extérieurs où la distanciation physique est difficile à respecter. 


D’après l'épidémiologiste Nimâ Machouf, le port du masque généralisé se doit d’être obligatoire pour limiter au mieux la propagation de la COVID-19. Le Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) a tenu une conférence pendant laquelle la chercheuse affirme que «80% de la population doit porter le masque pour juguler l'épidémie» avec statistiques et données à l'appui.


Nimâ Machouf, épidémiologiste de la santé


De plus, la chercheuse a mis en avant le fait que le couvre-visage était une «mesure peu coûteuse, sans risque et qui peut réduire grandement le risque de contamination lors de contacts contagieux. En attendant l'élaboration d'un vaccin, le masque est reconnu comme un outil essentiel pour retrouver le peu de normalité dans nos vies et de renouer avec les gens et les activités qu'on aime».


119 pays ont déjà rendu obligatoire le port du masque et ce nouvel accessoire a majoritairement bien su trouver sa place sur les visages. A Hong Kong par exemple, où le masque est omniprésent nous constatons 1108 cas infectés et 4 décès, pour une population de 7,5 millions d'habitants tandis qu’au Québec, pour 8 millions d'habitants, nous avons dépassé les 50 000 cas et 5000 décès.


Ainsi les écoles se verraient elles aussi imposer le port du masque. L'ex-député solidaire et microbiologiste-infectiologue à l'Hôpital Pierre-Le Gardeur, Amir Khadir, a plaidé que le port du masque devrait être imposé à travers le réseau scolaire, sauf au niveau primaire et dans les services de garde.


Enfin, lors de la conférence tenu au CHU de Montréal la spécialiste en médecine interne Marie-Michelle Bellon a prit le micro pour exprimer son ressenti du point de vue de soignante à l'unité COVID de l'Hôpital Notre-Dame. Dre Bellon est bouleversés et voit «voit encore beaucoup trop de souffrance» dans le cadre de ses fonctions. 


«On a l'impression que depuis que le déconfinement est amorcé, il y a dans la population une banalisation de la situation comme si la menace s'était éloignée. (...) J'ai vu des personnes âgées qui dépérissent parce qu'elles ne peuvent pas recevoir la visite de leurs proches», mentionne Dre Bellon.

Pour conclure, le Dr Horacio Arruda, n’a pas changé  sa décision et ne compte pas rendre le couvre-visage obligatoire. Il a rappelé que le Gouvernement Québécois le recommande fortement, tout comme il suggère aux Québécois de respecter la distanciation et de se laver les mains.


Le directeur national de santé publique n'exclut toutefois pas d'obliger les Québécois à porter un couvre-visage si une deuxième vague de COVID-19 venait à se produire. À condition d'avoir suffisamment de données ou si les autorités internationales vont dans ce sens-là, a-t-il précisé.


À ses côtés, le premier ministre du Québec, François Legault, a déclaré : C'est le choix de la santé publique et que j'appuie.